
En France, plus de 3 millions de personnes sont concernées par l’incontinence dont deux tiers sont des femmes atteintes ayant moins de 55 ans. Ces chiffres nous donnent une idée de l’enjeu en termes de santé publique que représente l’incontinence urinaire. En effet, l’incontinence est loin d’être une pathologie du troisième âge et de ce fait doit nous interpeler sur les moyens mis en œuvre dans la politique de sa prise en charge.
Selon la pathologie diagnostiquée chez une personne, différentes orientations pourront être envisagées. Ainsi, nous retrouvons parmi elles :
La plupart des médicaments bénéficient d’un remboursement partiel. Le taux de remboursement varie selon le médicament. Pour information, la part de remboursement des anticholinergiques est de l’ordre de 35%.
Certains médicaments ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
Pratiquée par les sages-femmes ou les kinésithérapeutes, la rééducation périnéale, sur ordonnance, est remboursée par la sécurité sociale. Ce remboursement est effectué sur la base du tarif prévu par la sécurité sociale.
Les prix des protections et des produits absorbants varient en fonction des marques, du type et de la taille. Ces prix varient également en fonction du lieu d’achat (pharmacie, site internet, grandes surfaces).
Actuellement ces articles ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
Les sondes et autres appareillages sont parfois pris en charge à 100% si l’incontinence est la cause d’une longue maladie, comme par exemple la sclérose en plaque.
Dans les autres cas, un prix de remboursement appelé TIPS (tarif interministériel des prestations sanitaires) est publié au journal officiel.
Le TIPS sert de base à un remboursement de 65%, il est noté sur une étiquette détachable collée sur l’emballage. Comme pour les vignettes classiques elle doit être portée sur la feuille de maladie.
Si le prix du matériel acheté est supérieur à ce TIPS c’est au patient ou à sa mutuelle de payer la différence.
Les appareils de type sphincter artificiel ou dispositifs de type bandelettes sous-urétrales sont pris en charge. Ces opérations sont réalisées à l’hôpital ou à la clinique.
Les coûts liés à l’incontinence en France sont très difficile à identifier car les complications liées à une incontinence ne sont pas enregistrés en tant que telles. Par exemple, une infection urinaire due à une absence de changement des protections sera comptabilisée au sein de l’assurance maladie comme « infection urinaire » et non comme une complication d’une incontinence urinaire. De ce fait, chacun comprendra qu’il faut manipuler les chiffres avec prudence et que les seuls chiffres officiels annoncés peuvent être sous-évalués.
En règle générale le coût global de l’incontinence urinaire représenterait entre 2 et 2.5%* des dépenses totales de santé. (*source TENA)
En excluant les consultations et les examens complémentaires le coût total est estimé à plus de 3,5 milliards d’euros par an*. (*source TENA)
Il faut également noter que les établissements et institutions en France admettent chaque année des milliers de personnes dont le seul motif d’institutionnalisation est l’incontinence.
Voici une ventilation des différents coûts indirects et directs liés à l’incontinence.
Comme nous pouvons le voir, la prise en charge de l'incontinence incombe souvent aux personnes ou aux proches.
>> Consultez notre article : En savoir plus sur l'incontinence
